Page d'accueil de MENACHE Biographie et bibliographie Ecrivez-moi Célébration de l'oeuf Jésus des Neiges Poemes-objets

La semaine des quarante haïkus


le coucou a beau dire
n'avons que faire 
de jouer à cache-cache
Arrachés à la chrysalide
mots envolés du poème
j'épingle vos métaphores
Cri de la mouette
requiem pour un poisson
asphyxié de ciel
Le sillage se perd
et la barque n'en finit pas
de partager les eaux

L'ortie ignore encore
combien l'homme se pique
d'aimer la nature

Au coucher le rêve
sait déjà
de quel pied nous lever
La caravane s'embourbe
têtus les chiens
bégaient en chœur
Empreinte des doigts sur la vitre
la lumière ne fait que passer
sans se retourner

La terre retournée
d'un soc d'os
explosion de chair

l'œuf dans un chapeau
la pie ne s'y fie
l'étourneau reconnait son nid
Emoi du sang
émeute d'un cœur à l'autre
lequel bat si fort ?
Envers du fruit
ver dans la médaille
vanité en vers vanité en droit

 
Un coq vitupère la nuit
complicité de la pluie
qui dissout le dernier rêve
Pétales en flocons
juste promesse
de neige lactescente
Le train secoue la voie
et partage le monde
en deux domaines inconciliables
Devant toi tant de possibles
Derrière des regrets des remords
allongent ton pas mais non le souffle...

Le chant des oiseaux te transporte
implorent-ils le jour
explore-le sans tarder

la plume et la main réconciliées
creusent la glaise d'un premier geste
le monde s'ouvre encyclopédie de traces

 Une branche assise en travers du ciel
le soleil s'y endort
les fleurs s'éveillent
Evasion du rivage dans la brume
effraction du rêve dans le réel démâté
l'être chavire d'un coup d'âme

Ricochet du soleil sur l'eau éblouie
hyménée de nuages
extase d'arc-en-ciel

Un nuage tire la langue
et la lune se pose
hostie de nuit corps du cri
Deux cumulus en expension
sur le lac endormi
lévitation d'un poème de cygnes
Vieux tronc au regard triste
grimace du temps
qui passe

 
Accroc dans le vent
pendaison de l'œil
entre deux futaies
Deux continents à la dérive
entre eux l'histoire n'a fait que commencer
ils ne parlent plus la même laugue
Hennissement sourd de l'arbre mort
épitaphe du dernier geste
d'aspiration vers le faîte
Lettre emportée par le vent
voix dans le souffle
poussière de mots

PO    Dire l'obscur et prolonger
ES    le geste primordial
IE     de l'enfance

trépanation du silence
caillot de mots
sur la page
 Tant d'yeux de chats
perdus dans la nuit
d'entendre miauler les étoiles
un doigt sur la couture
du silence
le poème a le temps  !

Accident de plume
                    excision
                    du poème

Tant d'amour
Temps d'aimer
tandem contre la montre
Migration de la langue
               transhumance
                      du verbe 
L'arbre à la vitre
s'il n'entre pas
écoute ses branches

 
Nervures rugueuses
d'un violon dans la nuit
boule de larmes dans mon rire
Accroche un sourire à tes rides
tire la langue à ton âme
                  farce amère
L'épave d'un poème
au fond de la corbeille
Faire-part au néant


Le soleil pommade la forêt
d'un coulis de miel
la brise émoustille la langue

 Tous ces phares
qui incisent la nuit
appel de phrases
Page suivante Page précédente